"Perturbant" pour les athées et les minorités religieuses....
Michel Garroté
Mercredi 4 novembre 2009 - 17 Heshvan 5770
Comme c'est amusant. Cela fait un bail que nous dénonçons la laïcité à géométrie variable. Récemment, nous avons même ironisé sur le soutient que les évêques suisses accordent publiquement à la
construction de minarets sur sol helvétique. Il n'y a pas si longtemps, nous avons tiré la sonnette d'alarme, parce que dans un arrondissement parisien multiculturel, les Juifs portant la kippa,
le samedi, pour se rendre à la synagogue, se faisaient agresser par des mahométans. Nous avons aussi - et surtout - critiqué le fait que les États occidentaux ne demandent pas la réciprocité aux
États mahométans lorsqu'il s'agit de pratiquer la liberté de culte. Or, voici que la Cour européenne des droits de l'Homme vient de condamner la présence de crucifix dans les salles de classe italiennes.
La présence du crucifix peut être « perturbante pour des élèves d'autres religions ou athées, en particulier s'ils appartiennent à des minorités religieuses », raconte la Cour.
Je reviendrai ultérieurement sur ce nouvel exemple (particulièrement grotesque et bouffon dans sa formulation psycho-affective) de laïcité à géométrie variable, qui favorise les mahométans et qui
pénalise les Juifs et les Chrétiens (car la burqa, le voile, le foulard, le tchador, le minaret, le muezzin, le croissant, le loukoum, le kebab et le burkini devraient, logiquement, toujours
selon la terminologie hallucinante de la Cour européenne, être « perturbants » pour les non musulmans que nous sommes). Et pour l'instant, je me contenterai donc de reproduire,
ci-après, les premières réactions, qui du reste, ne se sont pas faites attendre.

Danger : ce nu est perturbant.
Le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, a déclaré à ce propos : « La
sentence de la Cour européenne a été accueillie au Vatican avec stupeur et regrets. Le crucifix a toujours été un signe d'amour de Dieu, d'unité et d'accueil pour toute l'humanité. Il est
déplaisant qu'il soit considéré comme un signe de division, d'exclusion ou de limitation de la liberté. C'est une erreur et une myopie de vouloir exclure de la réalité éducative, signe
fondamental de l'importance des valeurs religieuses dans l'histoire et la culture italiennes. Il est surprenant qu'une Cour européenne intervienne de façon lourde dans un domaine très
profondément lié à l'identité historique, culturelle (et) spirituelle du peuple italien. Il semble qu'on veuille désavouer le rôle du christianisme dans la formation de l'identité européenne,
qui, au contraire, a été et demeure essentielle ».
Attention, ceci est perturbant....
Toujours à Rome, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a déclaré que la Cour avait « porté un coup mortel à une Europe des valeurs et des droits ». Le journal
italien 'Corriere della Sera' écrit : « Le verdict de la Cour de Strasbourg a fait un petit miracle : celui de créer une quasi-unité nationale en défense du symbole du christianisme ».
La droite italienne a condamné le verdict de la Cour européenne des droits de l'Homme. Le chef du Parti démocrate, Pierluigi Bersani, a déploré que « le bon sens soit devenu victime du
droit ».
De son côté, le journaliste catholique Vincent Pellegrini écrit sur son blog : « Et voilà l’Europe post-chrétienne. Elle a oublié qu’elle était une civilisation avec des signes culturels,
fussent-ils religieux. On interdit les crucifix parce qu’ils sont dans l’espace public de l’école et que les élèves ne peuvent y échapper visuellement. Par contre les minarets qui symbolisent la
victoire de l’Islam, qui dominent l’espace public, et auxquels on ne peut non plus échapper visuellement sont encouragés. Il faut être logique. Si l’Europe veut jouer la religion laïque jusqu’au
bout, tous les signes religieux, quels qu’ils soient, doivent être interdits. Dieu nous préserve d’un Gouvernement européen sans mémoire culturelle ni historique ».
Warning : ce lieu est perturbant. Passez votre chemin !
Le ministre italien de l’éducation a répondu ceci à la Cour européenne des droits de l'Homme : « La présence du crucifix dans les classes ne signifie pas une adhésion au catholicisme, mais
c’est un symbole de notre tradition. L’histoire d’Italie passe aussi à travers des symboles : en les supprimant on supprime une partie de nous-mêmes. Dans notre pays, personne ne veut imposer la
religion catholique. Personne, et encore moins une cour européenne idéologique, ne réussira à supprimer notre identité. Notre Constitution reconnaît en outre, justement, une valeur particulière à
la religion catholique ».

2009 - Welcome to Londonistan ! Perturbant, n'est-il pas ?
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L'invasion de l'Espagne en 711 eut la même origine. On fit appel aux Berbères pour évincer un rival pour le trône, sauf que, cette fois-là, ce fut la fin des persécutions des juifs par les Wisigoths ! Rien de neuf sous le soleil. De toute façon, chez les peuples musulmans, c'est pareil : les rivalités sont bcp plus fortes que le désir d'être unis et forts ! Les "Chefs" sont-ils, en réalité, de grands enfants ? Oui, sans aucun doute ! De vrais gamins ! De sales gamins totalement irresponsables !
Si l’Italie - siège de la chrétienneté - se fait "tirer l’oreille" pour ses croix et crucifix, on est vraiment mal barré !!!
À quand l’interdiction des burqa, voile, foulard, tchador, minaret, muezzin, croissant… en Arabie Séoudite ? Tous ces symboles sont si perturbants pour les minorités religieuses qui y vivent !
Ah oui, j’oubliais… l’Arabie Séoudite est christianrien, judenrien… À vrai dire, elle est RIEN de RIEN.
En effet les attendus de la Cour Européenne me semblent aussi imbéciles que dérisoires.
Mais l'article de MG me parait aussi contenir des amalgames malheureux autant qu'improductifs.
La classe, dans un établissement laïque (école publique) est un espace public ouvert à tous les enfants de la République, ouvert à toutes les sensibilités culturelles, agnostiques et religieuses, pour un enseignement délivré de tous les dogmes. Cet espace n'a pas à être placé sous la bannière d'un seul courant de pensée quel qu'il fut.
Certainement pas sous le signe de la Foi mais bien sous le signe du libre arbitre, du libre choix.
Cette exigence n'a d'autre objectif que de placer tout le monde sur un pied d'égalité conformément aux constitutions respectives de nos Etats démocratiques et laïcs.
L'école publique est en effet dans l'histoire européenne une création encore récente instaurée comme alternative aux écoles confessionnelles. Le combat pour y arriver fut plus anticlérical et antireligieux, qu'antichrétien.
Mais ce combat était avant tout un combat pour l'égalité, la liberté (de pensée) et la justice qui ne renie d'ailleurs en rien les valeurs chrétiennes.
Qui oserait prétendre que les obscurantistes qui ont contraint Galilée à renier ses observations scientifiques étaient de bons chrétiens en dépit de leurs habits d'hommes d'église ?
Hélas, les dogmatiques et les intolérants se retrouvent dans tous les camps, ceux des croyants comme également dans celui des athées !
De faire l’amalgame avec la question des minarets dans l’espace public avec cette question du crucifix dans les classes est spécieux. En effet bien que l’école soit publique, une classe est un espace privé.
Enfin de nous faire croire que les laïcs (? je croyais qu’en démocratie nous étions tous laïcs) favoriseraient les musulmans… est une manière de mettre tous les agnostiques dans le même panier et c’est les montrer du doigt comme les fossoyeurs de nos civilisations celto-gréco-judéo-latino-chrétienne.
Dans l’indulgence inappropriée faite aux musulmans qui font le lit de l’Islam dans nos sociétés, il me semble qu’il y a plus – sinon autant - de bons cathos que d’agnostiques.
C’est donc improductif de fustiger les « laïcs » sur ce thème car la défense de nos valeurs a besoin de nous tous.
Juste une question en passant : si vous êtes cohérent avec vous-même, si c'est bon pour un autre pays européen, pour quelle raison ne militez-vous pas pour imposer également le crucifix dans les salles de classe en France ???
Quelle absurdité mon pauvre SENEC... Si tu connaissais l'objectif de l'athéisme militant tu aurais compris que nous n'en avons strictement rien à secouer des musulmans, nous les méprisons autant que les deux autres sectes archaïques juive et chrétienne.
"Werner" a écrit : "si vous êtes cohérent avec vous-même, si c'est bon pour un autre pays européen, pour quelle raison ne militez-vous pas pour imposer également le crucifix dans les salles de classe en France ?".
Ne faites pas semblant de ne pas comprendre l'humour au second degré, cher "Werner".... Si vous visitez régulièrement le blog drzz.info, vous savez très bien quelles valeurs nous défendons ouvertement. Relisez l'article ci-dessus : car au-delà de l'humour au second degré, cet article pose justement la question de la cohérence et - aussi - de la réciprocité.
Je n'ai rien contre la laïcité à condition qu'elle s'appuie sur le bon sens au service du bien commun et à condition qu'elle soit appliquée de façon idantique à tous les croyants quelle que soit leur religion. Mais tout cela, vous le savez si vous nous lisez régulièrement....
Michel Garroté,
il y a des trucs que je n'arrive pas à comprendre dans vos positions et argumentations :
Dès lors qu'il y a des Européens d'obédience musulmane, (pas uniquement tous d'ailleurs d'origines étrangères puisqu'il y a également des Européens "de souche" convertis à l'Islam, pour quelle raison au juste devrait-on s'opposer au fait que ces citoyens de l'Union n'aient pas de lieu de culte ?????
Au motif que la réciprocité n'existe pas dans les pays musulmans ?
Premièrement cela voudrait dire qu'au bout du compte on ne conserve pas nos propres valeurs de laïcité vis à vis de chaque culte et nos valeurs d'ouverture mais qu'on s'aligne sur celles, par exemple de l'Arabie saoudite. C'est absurde.
Deuxièmement c'est faux que la réciprocité n'existe pas et il est tout aussi absurde de juger et de condamner en bloc tous les pays mohametans. S'il n'y a en Arabie saoudite d'autre choix que d'être musulman, il y a pas contre dans des pays comme la Tunisie, le Maroc, le Sénégal... des communautés chrétiennes depuis longtemps et de nombreuses églises. Or il se trouve que les Européens musulmans d'origine tunisienne, marocaine ou sénégalaise sont bien plus nombreux que les Européens d'origine saoudienne.
Autrement dit, par esprit de revanche en quelque sorte, on ferait "payer" à tous les Européens musulmans, même la grande majorité d'entre eux qui est calme et paisible, le fait qu'il n'y ait pas d'églises en Arabie saoudite.
Mais en quoi au juste ces gens d'origine tunisienne, marocaine, sénégalaise, libanaise... sont-ils responsables du fait que le régime saoudien interdit les églises ??? Ce n'est quand même pas de leur faute. Ils n'y sont pour rien si les Saoudiens sont débiles.
Pour ce qui concerne la France le problème est réglé depuis longtemps.
Une salle de classe c'est des élèves, un tableau et un enseignant, point final.
Après, si des croyants veulent absolument que leurs enfants passent leurs journées sous un crucifix, une croix de david, un croissant, un bouddha ou une poupée vaudou... il y a des écoles privées pour ça.
BIEN A VOUS
Guy.
Non aux crucifix dans les écoles : il faut lire les attendus de ce jugement pour appréhender la complexité du débat qu'il provoque en Italie !
Les juges de Strasbourg y développent une reconstitution, depuis près d'un siècle de cet usage du crucifix dans les écoles de la péninsule et l'on découvre qu'il leur a été nécessaire de tenir compte des décisions de Benito Mussolini et des étapes successives des traités et compromis qui ont organisé les relations entre le Vatican et l'Etat Italien !
Surprenant que ce document ne circule pas plus, il vaut son pesant d'or !
Je l'ai trouvé sur le portail suisse Pnyx.com ( http://www.pnyx.com/fr_fr/sondage/402 ), dans les commentaires.
Au-delà des questions de laïcité, ce jugement met à nu des épisodes surréalistes et ne va pas ménager l'amour-propre de tout un peuple, à l'heure d'une globalisation qui réveille, nation par nation, les grandes frustrations identitaires, que certains ne vont sûrement pas manquer d'exploiter politiquement !
Au lieu de se plonger dans ce genre de débats absurdes les gens feraient mieux de se préoccuper de l'épanouissement, des résultats et de la réussite de leurs enfants.
C'est ça le seul et unique objectif d'une école.
Mais bon, pendant que les gens pensent à ce genre de polémiques, ça leur permet d'oublier un moment la crise économique profonde dans laquelle ils sont plongés.
En 2004, j’ai fait un voyage scolaire à Rome avec une quarantaine d’élèves de 4ème.
C’était une institution religieuse pratiquant des prix très compétitifs à quelques kilomètres de la ville qui gérait l’auberge où nous étions logés. Aucun signe distinctif, excepté de petits crucifix dans les chambres.
Les deux élèves musulmanes ont fait enlever celui de chacune des leurs par les élèves non musulmanes. Je l’ai vu, je les ai fait remettre.
En 2006, même voyage, et, je ne l’ai su qu’après, le crucifix a été enlevé … cette fois-ci par un élève juif.
La réflexion que je me fais est que lorsqu’on va à Rome, avec un programme annoncé de visites d’innombrables églises, dont Saint Pierre, on doit s’attendre à voir des crucifix. Si cette vue irrite, il faut aller ailleurs.
Donc, en effet, le problème de la présence des crucifix dans les écoles italiennes est un problème italo-italien.
Mais on peut remarquer tout de même que c’est UNE seule plaignante, Mme Solie (ou Soile) Lautsi ressortissante italienne d’origine finlandaise ( ?), qui a elle seule, fait modifier les traditions séculaires italiennes. Il est difficile de pousser plus loin le « respect » des droits des minorités. Cette affaire montre plus qu’une autre à quel degré de mépris du droit des majorités on en est arrivé.
Alors quelle est l’incidence pour la France, où on ne trouve plus de crucifix dans les classes depuis belle lurette, excepté dans les écoles confessionnelles, où une examinatrice du bac a fait récemment un esclandre pour cette raison ?
Bien plus sérieuse qu’il n’y paraît, car elle vise en fait un symbole, qui est bien plus signifiant que la laïcité, dans laquelle je voyais il y a encore peu de temps le rempart contre l’islamisation, à tort, manifestement, car elle n’empêche rien du tout, au contraire. Ce n’est en fait qu’une resucée de la doctrine de la coexistence interconfessionnelle pacifique, dont on a pu voir ici dernièrement le caractère illusoire en Andalousie.
Et quel est ce symbole ? Brièvement, l’affirmation que la Victime est sacrée.
On ne trouve donc plus de crucifix dans les écoles françaises, mais on y trouve de plus en plus de signes de la présence de l’islam.
Dans les cantines, (non obligatoires dans la scolarité) où non seulement les plats contenant du porc sont indiqués par un petit cochon rose ; mais où on peut voir aux présentoirs six ou sept petits cochons roses barrés signifiant que le plat ne contient pas de porc, quand ce n’est pas l’étiquette « attention c’est du porc ! (presque : « du poison !)»
Il y a une autre présence, plus insidieuse, menaçant le corpus même de l’ensemble de la littérature et de la culture française, pétrie de christianisme qui en forme l’élément intrinsèque.
Les attaques s’étendent sans cesse.
Juste un ou deux exemples, pris dans le programme de français de 5ème : un des romanciers fondamentaux de notre littérature, fondateur de la littérature courtoise, qui donne à la Femme une place à nulle autre pareille dans les cultures de tout le reste de la Terre, est Chrétien de Troyes. Ce nom suscite les sarcasmes : « il s’appelle Chrétien ? le batââârd !!!! ».
Le fait que le chevalier doive faire des exploits pour plaire à la Dame, sa Maîtresse, est sujet à des gloussements gras. L’ensemble des codes de conduite et des relations entre hommes et femmes, en vigueur jusqu’au milieu du XXème s., toute la littérature romanesque –La Princesse de Clèves !!!- est honni et ringardisé. (Les « féministes » qui ne m’ont pas demandé mon avis, ont bien entamé le travail)
Les Fabliaux du Moyen Age, autre ensemble d’ouvrages fondamentaux, évoquent presque tous Dieu (des chrétiens), Jésus, des curés, la messe, des églises, l’enfer ou le paradis, etc.
Subitement, on se rend compte que tout cela ne « dit » plus rien à une majorité d’élèves.
Balzac, Flaubert, Hugo, voire Aragon qui a utilisé d’innombrables allusions au christianisme dans ses poèmes (un seul parmi des centaines : « il n’y a pas d’amour heureux… et quand il veut ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix », n’ont plus de sens.
C’est une impression effroyable que d’assister à l’effondrement d’une civilisation de 1500 ans.
Alors, le retrait des crucifix, qui fait tellement plaisir aux laïcards aussi enflés du vent de leur supériorité auto-proclamée qu’ils sont vides et stériles, ce n’est pas seulement une attaque de plus contre le christianisme.
C’est une attaque contre la civilisation chrétienne, qui seule proclame l’égalité de tous les hommes.
La Victime n’est plus sacrée.
Au contraire, faire des victimes, c’est s’assurer une place au paradis pour y pouvoir baiser comme un malade avec 72 vierges.
Tous ceux qui haïssent le christianisme peuvent se réjouir.
Et l’irresponsable clergé catholique qui s’imagine qu’il va pouvoir faire renaître la foi grâce à la foi des autres peut commencer à se mordre les doigts.
Etre laïc de tradition catholique c'est différent que de l'être par héritage protestant, judéo-hébreu, islamique ou autre. Toute société a des références historiques, culturelles, religieuses qu’elle doit prendre en compte. Voici un exemple d’entente que je trouve intéressant : Ne pas prendre sa voiture à Kippour, en Israël, est bien sûr, une façon de ne pas gêner les religieux mais aussi de communier en tant que groupe dans la prise en compte de la spécificité de ce jour. C’est un ciment de la société tout comme le respect une minute de silence peut l’être.
Le fait de marquer un ancrage symbolique identitaire dans l’espace public, fut-il d’origine religieuse, n’est pas contradictoire avec la laïcité. Il faut juste trouver le bon dosage.
En France nous manquons d’affirmer nos référents identitaires nationaux d’où les problèmes avec le communautarisme.
Peut être aussi que le fond du problème est que la notion même d’état nation est aujourd’hui battue en brèche.
Jusqu’à il n’y a pas longtemps, être suédois c’était se rattacher par une filiation réelle ou symbolique au passé viking et chrétien. Aujourd’hui, il semblerait qu’une compréhension intégriste de la laïcité ne reconnaisse que des citoyens suédois avec un nivellement égalitaire de toutes les traditions et donc bien plus qu’un respect de l’altérité.
L’Europe connaît une immigration sans précédent. Et si l’intégration de cette immigration ne marchait pas pour une raison ou une autre que deviendraient nos valeurs ?
Finalement, il me semble que pour qu’un peuple puisse accueillir sereinement d’autres populations, il faut que son identité nationale (culturelle, religieuse, etc.) soit établie, garantie sous peine de libanisation.
Vous devriez cogiter sur vos positions de façon plus modérée et de façon plus complexe, et surtout cesser de construire et d'opposer des camps, les musulmans contre les chrétiens, les laïques contre les catholiques et ainsi de suite.
Les choses ne sont ni si simples ni si caricaturales.
1.Personnellement, j'ai beau être un "laïcard" ("simple et stérile", soit dit en passant on peut être assez fasciné par votre grande considération par ce qui vous est étranger ;-) et un athée, je respecte vos croyances et sur la question centrale qui nous occupe je suis en accord avec vous.
Je considère que les crucifix dans les écoles, les tribunaux, les mairies, etc est un problème italien, c'est à eux de décider ce qu'ils veulent et comme très majoritairement ils veulent garder leurs crucifix et bien qu'ils les gardent. L'Union européenne n'a pas à s'immisciser dans une affaire culturelle intérieure d'un Etat membre et encore moins à prononcer une condamnation.
2. Vous écrivez qu'il n'y a plus de crucifix dans les écoles françaises mais de plus en plus la présence de l'Islam avec la viande de dinde qui remplace le porc dans les cantines scolaires.
D'une part je vous rappelle que la viande habituellement de dinde ne concerne pas que les enfants musulmans mais également les enfants juifs.
D'autre part, dans les cantines scolaires, le vendredi c'est toujours, que je sache, le jour du poisson.
Enfin, l'école a beau être laïque, les congès scolaires ne sont ni calqués sur les fêtes juives ni sur les fêtes musulmanes mais bien sur le calendrier chrétien. Que les enfants soient musulmans, juifs, athées ou chrétiens ils sont tous en vacance à Pâque, à noel, à la toussaint, le jeudi de l'ascension, etc. Et que je sache il n'y a pas de congès ni pour le yom kippour ni pour l'aïd el kebir.
En conclusion : dans les écoles de la République française il y a des enfants et des ados chrétiens, musulmans et juifs, je sais bien que ça vous déplait mais c'est comme ça et l'école essaie de respecter un minimum les cultes de chacun. Au nom de quoi devrez t-on respecter le poisson pour les enfants chrétiens le vendredi et ne pas respecter l'interdiction du porc pour les enfants juifs et musulmans ? Je vous le demande.
Il ne s'agit pas de "l'effondrement d'une civilisation" mais de son évolution. Il faudrait un jour que vous arriviez à comprendre qu'une société humaine est évolutive par nature.
Qui a dit : "n'ayez pas peur" ? Un ami à vous il me semble, non ?
Ou alors si vous voulez vraiment conserver une fois pour toute la société française momifiée, vous la mettez dans du formol, vous refermez le convercle, vous la posez sur un meuble et vous l'admirez tous les matins en lisant des fabliaux du moyen-âge.
Pour finir vous écrivez que seule la civilisation chrétienne proclame l'égalité de tous les hommes.
Oui, il suffit de voir le sort des paysans, celui des juifs ou le rôle des femmes dans l'histoire de la civilisation chrétienne pour s'en convaincre. Le très catholique Louis 14 proclamait "l'égalité de tous les hommes" dès son réveil.
cordialement.
Bonjour Jeanne,
Si la civilisation chrétienne est la seule à proclamer l'égalité de tous les hommes comment expliquez-vous que parmi les 6 pays les plus inégalitaires au monde 5 d'entre eux sont des pays appartenant à la civilisation chrétienne ?
bien à vous.
GUY
A Werner et Guy
C’est toujours un plaisir d’être lu par des gens qui d’un article de 30 lignes en lisent 2 et s’empressent de produire leur petit développement, sur le thème obsessionnel sous-jacent de l’infecte domination des chrétiens sur les juifs, accessoirement sur les femmes et les paysans.
Les mâles blancs dominants chrétiens, quoi. Qu’on leur fasse la peau, Lauvergeon, presto !
D’abord j’en ai un peu assez, et même complètement assez, des discutailleries à coups de poncifs éculés, et d’arrière-pensées qui n’ont rien d’égalitaire ni de simplement respectueux.
Quand je vais chez des juifs, -et croyez-moi, ça m’arrive très souvent, lol – je ne leur demande pas d’enlever leur mezouza, leurs chandeliers à 7 branches, leur hanoukiya, leurs maguen David et de ne pas manger cacher. Même les olives… Ou qu’on me serve du porc.
Il sont déjà tellement magnanimes et pleins de mansuétude d’accepter une impure mangeuse de nourritures répugnantes dans leur maison. Ils cachérisent après mon passage, qui sait ?
Je plaisante, parce que certains ont un humour vraiment désopilant, comme cette cousine travaillant chez un dentiste en Israël, qui racontait comment des juifs lui apportaient leur dentier à cachériser, après avoir mangé du porc…. Elle le faisait tremper 24 h dans un verre d’eau, et n’hésitait pas à faire payer… Certains avaient 2 dentiers… On a tellement ri, que j’en ai mal aux côtes en y repensant.
Je vais vous dire : ces simagrées fétichistes ostentatoires ne m’impressionnent pas beaucoup, car j’ai la profonde conviction que « ce qui souille l’homme, ce n’est pas ce qui entre dans sa bouche, mais ce qui en sort ». (Matt. 15, 11).
En revanche, le respect des minorités ne devrait pas remettre en question le précepte : « charbonnier est maître chez soi ». Si je vais en Israël, je ne demande pas non plus qu’on me serve du porc et qu’on change les dates des fêtes nationales…
Mais vos récriminations sont bien intéressantes et significatives, dans votre association avec les mahométans, les principaux va-t-en-guerre contre le christianisme.
Ca me fait penser à la pub Sony…
On sent une jubilation qui n’est même pas secrète…
Supposer que l’étude des Fabliaux soit une marque d’arriération mentale et de pensée sclérosée, et que pour être « dans le vent » il faille les jeter à la poubelle, - pour étudier Diam’s, par exemple ??? -… Je préfère ne pas qualifier…
Mais vous, n’étudiez-vous pas des textes qui sont cinq fois plus anciens et pas toujours aussi moraux ? Allez, mettez-les donc dans du formol et conservez-les momifiés…
Les Fabliaux, c’est trop ardu pour vous, on dirait.
Tout comme la littérature courtoise aussi. Il vaut mieux continuer à lapider les femmes, comme c’est préconisé dans le Deutéronome, non ? Pourquoi transgresser cette obligation annulée par les Chrétiens suite à l’exemple de Jésus, et conserver seulement la cacherout alimentaire ?
Tiens, ça vous fera un autre motif de réclamation commun avec vos amis mahométans.
Quant à la notion d’égalité, parlons-en.
Ne vous déplaise, ce n’est pas dans l’Ancien Testament qu’on affirme la fraternité des hommes, mais dans le Nouveau.
Dans la phrase de St Paul « il n’y aura plus ni Juif ni Grec, ni libre ni esclave, ni homme ni femme, mais vous serez tous frères en Jésus-Christ ». (Galates 32, 29) et par l’exemple de Jésus, qui donne le bon Samaritain en exemple, parle à la Samaritaine au puits contre le gré des disciples, reçoit des non juifs demandant des soins, comme le centurion voulant faire soigner son esclave.
C’est de là que sort l’idée de Fraternité universelle, et non de l’orgueilleuse et dominatrice loi des juifs, qui ne sont même pas frères entre eux-mêmes.
Et que signifie cette idée d’égalité ? Certainement pas que tout le monde porte le même vêtement et la même coupe de cheveux, gagne le même salaire, habite dans le même type de maison, vote pour le même unique candidat, lise le même journal et pense de la même façon… Votre idéal de l’égalité, c’est l’idéal bolchevik ou maoïste de la Dictature du Prolétariat, qui est en train de s’imposer en France, le dernier pays communiste du continent européen… Merci, on s’en passe.
L’idée d’égalité issue de l’Evangile est celle de l’égalité en dignité en tant que créature.
Elle a été récupérée comme égalité devant la loi, ce qu’on ne saurait refuser, mais les documents sur la justice sous l’Ancien Régime montrent qu’il n’y avait pas moins de souci de la justice qu’aujourd’hui et que les aberrations n’étaient pas pires que celles d’Outreau ou de Bruay en Artois, cette dernière orchestrée par les Inquisiteurs de La Cause du peuple.
Elle est définie par Rousseau dans son discours sur l’origine de l’inégalité, dont les termes sont empruntés au discours chrétien presque textuellement, par exemple des sermons de Bossuet.
Et il est exact qu’on ne peut rester indifférent au « inégalités » économiques qui font qu’un chanteur ou un acteur qui font les pitres devant un micro ou une caméra gagnent en quelques minutes ce que gagne un ouvrier en six mois. On peut d’ailleurs dire sans grosse exagération qu’à côté de certains sportifs, qui s’illustrent en courant derrière une balle – de tennis, de foot ou de golf : il paraît que ce sont les plus riches…-, sans parler de Bill Gates, Louis XIV (et non 14) ferait presque figure de pauvre hère…
Eh oui, il faut se rendre à l’évi
Chère Jeanne
Si le simple fait d'évoquer des réalités économiques que tout le monde connait ne conduit qu'à se faire qualifier par vous de méchant bolchevik et de disciple de la dictature du prolètariat, que peut-on vous bien répondre ?
Entre la dictature du prolétariat et une répartition des richesses et des pouvoirs juste un tout petit peu plus équitable il y a peut-être une gamme de nuances que vous avez semble t-il un peu de mal à percevoir. Passons.
Vous n'avez pas répondu à ma question, elle était pourtant claire, je le repose différement. La civilisation chrétienne proclame l'égalité de tous les êtres humains, en théorie, dans l'abstrait, alors comment expliquez-vous que dans les faits, dans le concret, cela aboutit à ce que parmi les 6 pays les plus inégalitaires au monde, 5 d'entre eux appartiennent à cette civilisation chrétienne ?
Ou est le message chrétien dans cette réalité toute simple ?
"La science vaincra les ténèbres" est la devise d'une université libre ! Pourtant, là, on a bien une coalition avec les forces les plus arriérées et les plus obscurantistes du monde actuel. Cela signifie ce que j'ai déjà dit : trop de gens, importants ou pas, décideurs ou commentateurs, utilisent des arguments qui ne sont pas ceux qui les meuvent ou les émeuvent en réalité ! Exemple : un homosexuel est contre le catholicisme, mais sera-t-il mieux considéré par les musulmans ? Absurde ! Tout n'est question que susceptibilité et de caprices : de simples questions de pouvoir, de mesquines petites susceptibilités quant à la préséance !
Les chrétiens, au sens population ou sens civilisation, ne sont pas combatifs. Ils gardent en eux-mêmes la marque de leur religion universelle, qui n'a pas pour but de d'abord protéger le groupe à l'opposé des autres religions, qu'il s'agisse de l'Islam, du Judaïsme ou de l'Athéisme militant !
Ceux d'entre nous qui voudront, dès lors, défendre désormais, leurs valeurs devront apprendre à se battre contre cette coalition hétéroclite de malveillants qui, chacun, a des raisons de haïr les autres !
Seule la religion chrétienne n'emploie pas la haine dans ses discours ! On ne hait rien ! Ce terme n'existe que dans les autres obédiences qui attaquent, pour le moment, notre statut.
En avant donc pour la haine et l'autodestruction, si vous voulez refaire à un autre niveau, les horreurs qui ont été commises pendant la Révolution française : un fameux gâchis de voleurs, de trompeurs et de prédateurs, en fait !
Même la devise "Liberté, égalité, fraternité" est à revoir ! Mettez "Équité " à la place d'égalité, qui est un mensonge. Les deux autres mots ne valent pas mieux, puisqu'ils désignent, en fait, la substitution des privilèges de la noblesse et du clergé à ceux des riches et des fainéants. Une escroquerie intellectuelle, en fait ! Dont on paie, aujourd'hui les pots cassés : tout le pouvoir aux riches et aux banquiers ! Voilà le résultat du matérialisme ! Les laïcs de bonne volonté ont de tout temps été les complices stupides des escrocs (communisme) et cela continuera !
Quant à dire que des pays chrétiens n'appliquent pas la religion chrétienne, c'est autre chose : les hommes ne sont pas parfaits. En fait, ils n'appliquent pas les préceptes de leur religion au contraire de deux autres religions qui font, de manière précise, l'apologie de la guerre contre les autres religions ! Voilà la différence et elle est fondamentale ! Cette dernière phrase pour nos adversaires qui ignorent, apparemment, le fond des choses et ne s'en tiennent qu'à leur point de vue personnel étroit et mal informé !
Eh oui, il faut se rendre à l’évidence, l’égalité économique est une arme destructrice : si l’on réduit la majorité de la population au régime congru, tout le monde crève de misère, mais les « riches » ne disparaissent pas tous pour autant…
« Lorsque les riches maigrissent, les pauvres meurent de faim » dit un adage chinois. Sauf dans les pays pétroliers, où ils crèvent de faim de toute façon.
Alors les ironiseurs me font rire, avec leurs finasseries sur les pays les plus inégalitaires lalère… Je parie que le pauvre Zidane, avec ses pauvres 14 millions d’euros par an pendant sa courte carrière de 15 ou 20 ans est plus riche que le parent de Louis XIV actuel.
@ Jeanne,
Vous dites : "C’est une attaque contre la civilisation chrétienne, qui seule proclame l’égalité de tous les hommes. ….Ne vous déplaise, ce n’est pas dans l’Ancien Testament qu’on affirme la fraternité des hommes. ...C’est de là que sort l’idée de Fraternité universelle, et non de l’orgueilleuse et dominatrice loi des juifs, qui ne sont même pas frères entre eux-mêmes."
Vous espérez qu’avec votre longue prose grandiloquente, les intervenants n'y verraient que du feu et prendraient vos propos pour "paroles d’évangile".
Pas de chance pour vous, voici pour ne citer que quelques versets de la Torah :
Deutéronome 15:15 : Peuple, une même loi vous régira, vous et l’étranger domicilié. Règle éternelle pour vos générations : l’étranger sera comme vous devant l’Éternel. Même loi et même droit existeront pour vous et pour l’étranger habitant parmi vous."
Lévitique 24:22 Vous aurez la même loi, l‘étranger comme l‘indigène; car je suis l‘Eternel, votre Dieu.
Deutéronome 10:19 Vous aimerez l‘étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte.
Que vous éprouviez de la haine pour la Torah, les Juifs ou le Judaïsme est une chose, mais dire des insanités ne sert qu’à vous ridiculiser.
Jeanne.
Ah ben si un adage le dit, alors... ça ne peut être qu'une véritée absolue et définitive. Pourquoi perdre son temps à réfléchir par soi-même, je vous le demande.
Vous écrivez "l'égalité économique est une arme destructrice", autrement sit l'inégalité économique, elle, est une arme constructrice, c'est d'ailleurs ce qu'à toujours enseigné le Christ; voilà qui va consoler un peu les 10 000 enfants qui meurent de mulnitrition ou faute de soin chaque jour.
Un foetus qu'on avorte, c'est impardonnable, par contre un enfant de six mois qui meurt de faim, ça c'est normal, c'est dans la nature des choses.
Il ne faut pas écouter ceux qui trouvent que pour une chrétienne vous êtes un peu cliblée de contradictions, ce sont sans doute de dangereux bolcheviks.
bonne journée.