
Michel Garroté
Comme c'est amusant. Je lis - ça et là sur le wire - que Dominique Strauss-Kahn (DSK) serait candidat - non déclaré - aux présidentielles de 2012. Non mais je dis que c'est
amusant parce que j'ai plusieurs fois abordé le sujet et certains ont grincé des dents : comment un intellectuel de droite (ça c'est donc moi) peut-il insinuer que, peut-être, au deuxième tour
des présidentielles, il serait moins désastreux, de voter pour un social-démocrate modéré (ça c'est donc DSK, mais cuvée 2012, pas cuvée 2009), plutôt que de voter, une fois de plus, pour le
prestidigitateur du social-étatisme (ça c'est donc Sarkozy-le-bavard) ?
Or justement, voici que Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, refuse de commenter les spéculations sur son avenir présidentiel, mais sans refuser de devenir candidat
présidentiel. En effet, invité du Grand Journal de Canal+, DSK déclare : « Vous avez des gens qui passent leur vie dans le passé, vous avez des gens qui passent leur vie dans l'avenir, moi
je vis dans le présent ». Et DSK précise que la question de sa candidature aux primaires du parti socialiste se posera en 2011 : « Ce n'est pas mon sujet aujourd'hui » dixit DSK.
Mais DSK déclare - aussi - suivre « de près ce qui se passe en France ».
DSK parle également de la crise économique : Je suis habité par l'idée que cette crise ne peut pas être seulement un malheur mais aussi une chance, déclare DSK en substance. Sur
le FMI, DSK a estimé, en substance, qu'avant la crise, le FMI était le gendarme du système financier mais qu'aujourd'hui les gens voient le FMI plus comme un médecin.
Un récent sondage TNS-Sofres révèle que DSK est considéré, par 36 % des sondés, comme le meilleur candidat socialiste pour 2012, très loin devant Ségolène Royal (11 %), Bertrand
Delanoë et Martine Aubry (10 %). DSK au Grand Journal de Canal+, cela fait suite à l'interview accordée par DSK au Figaro hier mercredi. Alors que l'on ne vienne pas me raconter qu'avec trois
fois plus de soutient que les filles du PS, DSK n'envisage pas de se présenter.

Si son stage d'économie de marché au FMI fait de DSK un social-démocrate modéré d'ici 2011-2012 (style Helmut Schmidt jadis, cf. photo ci-dessus), alors sa résidence quinquennale
à l'Élysée pourrait être moins ruineuse - pour les Françaises et les Français - que celle de l'actuel locataire, qui lui, flambe les loyers à coups de déficits et d'endettements abyssaux. Et
puis, côté fanfaronnades audiovisuelles chroniques, ça nous ferait des vacances.
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