Qu'y a-t-il à déduire de la prise d'otages en Iran ?
Que peut-on comprendre ? Au-delà des réalités politiques déjà traitées sur des articles de ce blog (Les tambours grondent, La guerre approche), une autre évidence s'impose :
L'Europe ne nous défendra pas. Notre passeport, notre nationalité, notre appartenance à la civilisation occidentale ne suffisent plus. Aujourd'hui, quinze marins en mission militaire dans un pays en guerre et enlevés par un autre belligérant ne sont pas une raison suffisante pour que l'Angleterre hausse le ton.
Quinze jeunes militaires de l'Union européenne, exhibés sur une télévision étrangère et bientôt jugés pour un délit qu'ils n'ont pas commis, n'entraîneront pas de réactions militaires de la part des autorités britanniques.
Il y a fort à parier que le kidnapping d'Occidentaux deviendra un nouveau sport très populaire chez les mollahs. John Sullivan, dans le Chicago Tribune, détaille très justement le scénario inverse : et si la Grande-Bretagne avait capturé des Iraniens dans leurs eaux territoriales, sans motif apparent ? Vous imaginez l'indignation internationale, les menaces iraniennes, la crise ouverte qui suivraient ? Voyez-vous à quelle vitesse ces marins seraient revenus chez eux, avec la bénédiction de l'ONU ?
Rien de tel ne se déroulera. La Grande-Bretagne terminera cette crise la queue entre les jambes, incapable de mobiliser ses troupes, incapable de réagir avec fierté et détermination, au contraire de Margareth Thatcher aux Malouines.
Si le monde arabe demande à l'Europe de s'aligner sur lui contre Israël, l'Europe le fera. Si, demain, les pays arabes demandent l'instauration du délit de blasphème, des lois antisémites, nul doute qu'elles passeront. Si, bientôt, on exige nos tête pour combler les programmes de télé-réalité à Téhéran, nos politiques les donneront avec empressement.
Etre Européen aujourd'hui n'est plus une garantie, c'est un risque.

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