De Véronique CHEMLA
Initié par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
(FMS), le projet Aladin vise à lutter contre le révisionnisme et le négationnisme, vecteurs d’antisémitisme, dans le monde musulman, en
informant, principalement via deux sites Internet, les habitants de cette aire, en leur langue, sur la Shoah, les juifs, le judaïsme ainsi que sur les relations entre juifs et musulmans sous
domination musulmane. Lors de son lancement prestigieux à Paris, le 27 mars 2009, les orateurs ont asséné le mythe « islamiquement correct » de la « coexistence pacifique interconfessionnelle
sous domination musulmane ». Un mythe qui anesthésie les Occidentaux face aux enjeux du jihad, est inducteur de haine contre l’Occident, en particulier l’Etat Israël, et les
non-musulmans.
« L’âge d’or de l’égalité des droits était un mythe, et si l’on y croyait, c’était la conséquence plutôt que la cause de la sympathie juive pour l’islam. Le mythe fut inventé par des juifs d’Europe au XIXe siècle comme un reproche adressé aux chrétiens – et repris par les musulmans de notre temps comme un reproche adressé aux juifs » (Islam, Gallimard, 2005).
Ce
mythe agit en narratif anesthésiant : il masque les enjeux du jihad contre l’Occident ou en Eurabia. Il dissimule cette réalité guerrière et son institution corollaire la dhimmitude, ce statut cruel, inférieur et déshumanisant
réservé aux non-musulmans sous la domination islamique. De plus, ce mythe « disculpe l’islam classique, à l’origine du totalitarisme islamiste ». Et, il impose la vision «
islamiquement correcte » d’un islam « pacifique » (Pierre-André Taguieff, La nouvelle judéophobie, Fayard Mille et Une nuits, 2002) symbolisé par la civilisation brillante
al-Andalus, exemple de « coexistence pacifique entre judaïsme, christianisme et islam » en Espagne médiévale sous la férule musulmane.
Il affuble
l’Occident des pires épithètes – obscurantiste (Inquisition), conquérant (croisades, empires), raciste -, et produit un discours anti-israélien. La recréation de l’Etat d’Israël contredit le
mythe des « dhimmis juifs heureux ». Louer l’attitude mythique admirable de « tolérance » et irréprochable des musulmans à l’égard des non-musulmans stigmatise a contrario Israël : la
recréation de l’Etat d’Israël aurait mis fin à une ère de « coexistence pacifique interreligieuse ». La politique israélienne est déformée au travers d’un prisme mythique biaisé : elle est jugée,
et condamnée, à l’aune d’un mythe déguisé en histoire et on requiert d’Israël qu’il se conduise conformément au mythe, ce qui de facto restaurerait le « bon vieux temps » de la
dhimmitude, et donc la destruction de l’Etat juif. Ce mythe s’est métamorphosé pour réapparaître sous l’idée de la « Palestine laïque et multiculturelle » remplaçant l’Etat
d’Israël.« Conforte la doctrine islamique. Il atteste la perfection de la chari’a, seule législation gouvernant, dans le passé, le dar al-islam , et sa supériorité sur toutes les autres juridictions… La moindre critique du statut des dhimmis est rejetée comme suspecte parce qu’elle entame le dogme de la perfection de la loi et du gouvernement islamiques. Ainsi, la louange de la tolérance et de la justice de l’islam, accompagnée de gratitude, s’intègrent-elles dans les obligations exigées du dhimmi ».
Une conférence de lancement unanime dans l’« islamiquement correct »
Le site éponyme présente « de façon simple et objective l’histoire de la Shoah, une
introduction à la culture juive, à l’histoire du peuple juif et au judaïsme, l’histoire des relations entre les Musulmans et les Juifs au cours des siècles passés jusqu’à nos jours en
évoquant les périodes de coexistence harmonieuse et conflictuelle ».
La bibliothèque numérique Aladin présente gracieusement quatre livres – Le
Journal d’Anne Franck, Si c’était un homme de Primo Levi, Hitler et les Juifs de Philippe Burrin, Sonderkommando Dans l’enfer des chambres à gaz de Shlomo
Venezia -, en des traductions inédites, numériques et publiées par les éditions du Manuscrit.
Le
lancement officiel du projet Aladin a eu lieu le 27 mars 2009, au siège de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la
science et la culture), à Paris. C’est un évènement prestigieux, en présence de centaines de personnalités, dont des chefs d’Etat, ministres, ambassadeurs, dirigeants communautaires juifs,
rabbins, cardinal, imams et des médias, notamment du monde musulman.
Interrompus par
la projection du film Pourquoi, les discours redondants conformes au mythe, « islamiquement corrects », se succédaient. Tout un symbole : c’est Rachida Dati, alors ministre de la Justice et issue de
l’immigration musulmane d’Afrique du Nord, qui lisait le discours du Président de la République Nicolas Sarkozy .« Il n’y a jamais eu de contentieux historique entre musulmans et juifs. Bien au contraire ! De la Charte de Médine de 622, à l’empire ottoman, en passant par l’Espagne sous le règne arabe, l’histoire nous enseigne qu’à différentes périodes, juifs et musulmans ont pu vivre ensemble dans le respect mutuel et la coexistence pacifique. Les juifs ont toujours été protégés par des monarques musulmans ».
Ainsi, Farouk Hosny,
ministre égyptien de la Culture, lisait le discours de Mohammed Hosni Moubarak, Président de la République Arabe d’Egypte :« La Shoah a été une transgression contre l’islam, comme religion, et contre ceux qui croient en l’islam, les musulmans… C’était une transgression contre les musulmans parce que leurs frères sémites ont été tués en si grand nombre, leur unique « faute » étant d’appartenir à une religion, dont les principes partagent leur hauteur avec ceux de toutes les autres religions, la foi juive ».
Autre exemple. André
Azoulay, conseiller du roi Mohammed VI du Maroc, membre du Comité des sages pour l’Alliance des cultures à l’ONU, et Mustafa Cerić, grand mufti de Bosnie, parlant au nom du président de la
république de Bosnie, exhortaient à associer la lutte contre l’antisémitisme à celle contre "l’islamophobie". Un terme utilisé pour éviter toute analyse critique de l’islam…« La vérité d’une époque n’est pas forcément celle d’une autre et la vérité d’un peuple n’est pas forcément celle d’une autre. Ce qui est la norme dans une société peut être une contre valeur dans une autre. Le dialogue des cultures et des civilisations ne peut donc s’épanouir et prospérer que dans la nuance et le relativisme ».

« J’ai dit aux Israéliens que la colonisation était une faute. On ne construit pas la paix avec son voisin en expropriant ses terres, en arrachant ses arbres, en bouclant ses routes ».
Une politisation biaisée par « l’Appel à la conscience »
Lors de cette conférence, Simone Veil, ancienne déportée et ancienne présidente du Parlement européen et de la FMS, Jacques Chirac, et Abdoulaye Wade signaient «
l’Appel à la
conscience » pour lutter contre le négationnisme. Un Appel soutenu par des « centaines d’intellectuels musulmans ».
Mythe contre Histoire

Les Salons du livre du monde musulman
accepteront-ils les livres traitant de sujets tabous, tels l’alliance entre Nazis et dirigeants musulmans, la participation de la division de la Waffen SS Handschar (cimetière en turc)
composée principalement de musulmans des Balkans (bosniaques) au meurtre de juifs et chrétiens serbes, les anciens Nazis devenus conseillers de dirigeants Arabes ou soutiens lors des guerres
d’indépendance d’Etats arabes ?
En août 2009, Philippa Ebéné,
directrice du Centre multiculturel (Werkstatt der Kulturen) de Berlin, doté d’un financement public, retirait trois panneaux sur
l’alliance du grand mufti al-Husseini avec les Nazis dans l’exposition Le Tiers monde durant la Seconde Guerre mondiale. Une décision
défendue primitivement par Günter Piening, commissaire pour l’intégration et la migration de la ville de Berlin. Et qui suscitait l’indignation de Karl Rössler, commissaire de l’exposition, et
de la communauté juive berlinoise. Ce Centre est situé dans un quartier où vivent de nombreux Turcs et Arabes.
En
s’opposant à ce mythe entériné par les autorités politiques nationales soucieuses de préserver l’ordre public et engluées dans Eurabia, des organisations juives françaises peuvent craindre
d’être tenues pour responsables d’un éventuel clash interreligieux, avec ses risques en termes d’actes antisémites. Mais comment ces organisations peuvent-elles accepter ce mythe et défendre
devant des dirigeants musulmans les intérêts des juifs de l’« exode oublié », souvent contraints de fuir des pays où la présence juive était (pluri)millénaire et antérieure à la conquête arabe,
et victimes de rackets, de spoliations, de dénaturalisations, d’expulsions, de crimes, etc. ?
Une version abrégée de cet article a été publiée en anglais par FrontPage Magazine
Photos :
Conférence de lancement : © V. Chemla
Le Grand mufti al-Husseini rencontre Hitler et Nasser, inspecte en 1943 les troupes musulmanes nazies, coache un soldat musulman de la division SS Hansar ; drapeau musulman bosniaque avec la
croix gammée ; troupes musulmanes nazies en position de prières ; soldats musulmans lisant un livre de propagande nazie Islam et judaïsme. (Source : http://www.hmwatch.org/photos/photos.htm) : ©
DR
Copies d'écrans des sites : © FMS
« Pendant trop longtemps, et jusqu’à cet après-midi, on a ignoré ce que mon pays et d’autres dans l’espace arabo-musulman ont su dire quand la barbarie était européenne et chrétienne, ont su dire au reste du monde pour proposer humanisme, accueil, solidarité avec les victimes du nazisme… Nous sommes ensemble, musulmans, chrétiens et juifs pour dire que notre résistance à l’antisémitisme, pour que notre rejet et notre opposition aux dérives du négationnisme ne sont pas dissociables de notre résistance, de notre opposition, de notre combat contre l’islamophobie. La démarche est la même. Et chacun d’entre nous se déterminera et s’engagera parce que nous saurons faire ces trois causes communes et solidaires ».
« A travers l’anéantissement de Carthage, les Palestiniens peuvent ressentir ce qu’a été la Shoah ; à travers elle aussi, les Israéliens peuvent pressentir la destruction d’Israël dans la destruction de la Palestine, comme jadis la mise à mort de Carthage a étreint le cœur de Scipion par une prémonition funeste sur Rome… Avant que tout ne soit rasé, comme le furent Rome et Carthage, tentons de puiser dans la majesté antique un modèle de compassion réciproque... La mémoire de la Shoah peut rappeler aux Arabes leur propre abaissement dans l’histoire, et la souffrance des Arabes peut rappeler aux Juifs le sombre écho de leur propre misère raciale au cœur de l’Europe. Il n’y a donc pas deux mémoires étrangères, mais une seule mémoire, liée par un sort gravé dans celui de l’autre. C’est cela, le dialogue de la mémoire… La « mémoire du futur » doit faire d’Israël la seconde patrie des Palestiniens, et la Palestine, la seconde patrie des Israéliens, avant qu’un nouveau Scipion, juif ou arabe, n’ait ses yeux inondés, trop tard, par la vision d’un double désastre ».
« Musulmans et juifs ont une raison de se rassembler, un projet commun, comme celui-ci, et de s’unir contre l’antisémitisme et l’islamophobie... Les juifs et les musulmans ont la même expérience de l’exode et du génocide en Europe. Ils ont été expulsés ensemble d’Espagne-al Andalus au XVe siècle ; les juifs sépharades trouvèrent alors refuge à Sarajevo… Et ils ont souffert d’un génocide au XXe siècle : les juifs par les Nazis d’Allemagne et les musulmans Bosniaques par les Serbes ».
« Faire connaître la Shoah en présentant les faits, tels qu’ils ont été, dans leur brutalité... Sans vouloir faire porter aux pays musulmans une culpabilité qui n’est pas la leur… Evoquer la Shoah risquait de susciter dans ces pays un sentiment de sympathie pour les Juifs et l’existence d’Israël. Alors on l’a cachée… La mémoire de la Shoah … doit toucher le cœur. C’est dans le même esprit que je me bats, avec la Fondation que je préside , pour le dialogue et le respect de toutes les cultures… Transmettre aux pays qui ne l’ont pas connue la mémoire de la Shoah, c’est allumer chez eux l’esprit de résistance qui nous a fait défaut face au Mal… Je suis très inquiet aujourd’hui que certains puissent dire, chez nous, en Europe, que cette histoire, la Shoah, n’était pas la leur, que c’était l’histoire des Juifs, le problème des Juifs… Nos Etats, et notamment l’Etat français, ont été mêlés à ce crime. Nous avons composé par peur avec la barbarie nazie. Nous avons laissé nos concitoyens juifs, enfants ou non de notre terre, être arrachés de nous comme s’ils étaient un corps étranger…
Les conflits incessants du Proche-Orient servent aujourd’hui de prétexte à une nouvelle haine d’Israël ; elle est en train de devenir une nouvelle haine des Juifs : cette haine se répand… Au débat exigeant avec les dirigeants d’Israël, cette haine substitue un soupçon à l’encontre de tous les Juifs… Il n’y aura pas de paix au Proche-Orient tant qu’il n’y aura pas de reconnaissance et acceptation de l’Etat d’Israël… Seul le rappel de la mémoire de la Shoah permet de comprendre comment l’on passe de la frustration à la haine, de la haine à la négation de l’autre et de cette négation au génocide…
Dans les deux traditions, juive et musulmane, la tolérance et le respect de l’autre sont des préceptes fondateurs… Vous avez raison de vouloir rappeler la ressemblance qui existe entre deux traditions qui ont coexisté pendant plus de mille ans… Quand on demandera demain à un enfant musulman ce qu’est un Juif il ne pourra plus répondre par des caricatures et des stéréotypes. Quand on demandera demain à un enfant juif ce qu’est un Musulman, il ne pourra plus répondre par des caricatures et des stéréotypes ».
« La patriarche Abraham, constitue le fondement de ces trois religions [judaïsme, christianisme, islam]… Ceci nous rappelle Abraham venant d’Irak, à l’origine de notre civilisation méditerranéenne. Nous sommes tous sémites et fiers d’appartenir à cette branche d’humanité ».
« La Shoah est une agression contre l’islam comme religion, et contre ceux qui croient en l’islam, les musulmans… car leurs frères humains et Sémites ont été tués en si grand nombre… Nous espérons et faisons notre possible pour le retour d’une coexistence libre et paisible, comme celle qui a prévalu pendant des siècles dans notre région. A travers le temps, la religion d’un individu, juif, chrétien ou musulman, n’a jamais empêché sa participation dans le développement de la civilisation de sa société… Les tensions de la coexistence contemporaine sont causées par un problème épistémologique que nous devrions résoudre en adoptant des programmes et des initiatives afin d’informer tous les peuples de leurs histoire, des religions et contributions culturelles de leurs voisins… Un principe contemporain nous permet de participer à la condamnation de cette tragédie et à nous en souvenir, c’est le principe des droits de l’homme clairement et définitivement inscrit au paragraphe 5 du statut des Nations unies et qui précise « la condamnation, sans réserve, de l’intolérance religieuse »… Ce principe a été introduit dans des résolutions de l’UNESCO, comme activation de ce principe qu’il n’existe pas une culture supérieure à une autre culture, que les peuples du monde entier ont contribué aux civilisations… Abraham était le père de tous les hommes ».
« A l’heure où les conflits de mémoire structurent les antagonismes politiques, il est en effet plus que jamais nécessaire de faire émerger une mémoire partagée qui soit le fruit d’un récit partagé, en insistant sur la dimension réconciliatrice du devoir de mémoire et d’histoire ».
« [Sur le site Internet du Projet Aladin] on y apprendra les coutumes des Juifs, les fondements de leur foi et bien d’autres choses encore ; et, comme me l’ont confirmé mes amis musulmans, bien des juifs et des musulmans découvriront combien nous nous ressemblons… Nous avons cherché la clarté plutôt que l’exhaustivité, sans éviter les questions qui fâchent et qui sont les plus fréquemment posées…
A travers le monde arabo-musulman, parfois même dans des pays où les Juifs furent accueillis et protégés pendant la seconde guerre mondiale ».
« Face à la déferlante négationniste, aux amalgames et à la banalisation de la Shoah, issus notamment de certaines sphères limitées mais influentes du monde arabo-musulman, nous avons alors décidé de réagir en palliant d’abord le manque d’informations historiquement fiables sur la Shoah, que ce soit en arabe, en persan ou en turc. Nous avons également considéré important de rappeler l’histoire séculaire commune des Musulmans et des Juifs, et les liens étroits qui ont uni et unissent encore les cultures juive et musulmane, afin de faire entendre à tous que les antagonismes actuels ne sont pas insurmontables ».
« C’est justement pour qu’Aladin, votre groupe de réflexion se fixe l’objectif prioritaire de dire enfin au reste du Monde, ce qu’a été la résistance au nazisme des Pays qui comme le Mien, à partir de l’espace arabo-musulman, ont su dire non à la barbarie nazie et aux lois scélérates du gouvernement de Vichy… Un devoir de mémoire [de la Shoah] qui dans sa profondeur et dans sa tragique singularité nous impose avec force les contours éthiques, moraux et politiques qui seront demain les vrais garants de cette paix faite de Justice et de Dignité également partagées et à laquelle aspire la majorité des Palestiniens et des Israéliens ».
« L’islam, cette religion et civilisation […] a créé al-Andalus, mélange et synthèse du judaïsme, l’islam et christianisme... L’islam qui a créé l’empire ottoman qui a donné au Moyen-Orient une pax ottomana pour quatre siècles ».
« A l’heure où les plaies du Proche Orient sont toujours ouvertes et mes frères Palestiniens blessés dans leur chair et leur âme par une violence et une iniquité désespérantes, ma présence ici n’est pas une évidence. Comme responsable politique, comme arabe, comme musulman. Et pourtant c’est comme responsable politique, comme arabe et comme musulman que je m’exprime devant vous… A tous ceux qui prennent le prétexte du scandale de dénis de justice contemporains, et notamment du déni de justice en Palestine, pour nier ou justifier l’innommable, je dis solennellement … que l’endormissement de la pensée, l’affadissement de ce lien de solidarité qui fait de tout homme mon frère… sont des dangers mortels pour la civilisation des hommes ».
« La Shoah jamais égalée par son ampleur, sa cruauté, ses méthodes techniques et scientifiques d’extermination qui en font un véritable affront à la raison humaine… Il y a un parallélisme saisissant entre la négation de la Shoah et le révisionnisme sur l’esclavage qui a duré cinq siècles et la colonisation…
En ma qualité de Président en exercice de l’Organisation de la conférence islamique, et venant d’un pays de cohabitation pacifique entre les religions, je me réjouis de savoir que le projet Aladin cherche à définir un espace de dialogue judéo-musulman… Il n’y a jamais eu de contentieux historique entre musulmans et juifs. Bien au contraire ! De la Charte de Médine de 622, à l’empire ottoman, en passant par l’Espagne sous le règne arabe, l’histoire nous enseigne qu’à différentes périodes, juifs et musulmans ont pu vivre ensemble dans le respect mutuel et la coexistence pacifique. Les juifs ont toujours été protégés par des monarques musulmans. Le défi aujourd’hui est de bâtir sur ce passé commun les fondements d’un dialogue sincère pour vaincre la méfiance, combattre les extrémismes de tous bords et apprendre à nouveau à vivre ensemble dans le respect de nos différences…
La vérité d’une époque n’est pas forcément celle d’une autre et la vérité d’un peuple n’est pas forcément celle d’une autre. Ce qui est la norme dans une société peut être une contre valeur dans une autre. Le dialogue des cultures et des civilisations ne peut donc s’épanouir et prospérer que dans la nuance et le relativisme… L’impunité et la justice à « géométrie variable » n’engendrent que frustrations et esprit de revanche ».
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