Qui sont les acteurs-clés de la libération d'Ingrid Bétancourt et des autres
otages ? A l'heure où le président colombien Alvaro Uribe goûte à sa plus belle victoire personnelle, la question mérite d'être posée.
Depuis début 2008, les FARC connaissent une lente descente aux enfers. La jungle qui leur sert de couverture n'est plus un obstacle pour les forces colombiennes.
De même, alors qu'ils se croient maîtres de la lutte clandestine, leurs courriers et leurs déplacements sont constamment pris en filature. Tollé en mars dernier : leur numéro 2, Raul
Reyes, est abattu par l'armée colombienne durant une opération héliportée en Equateur. Quelques semaines plus tard, le leader historique des FARC décède d'une crise cardiaque, provoquant un vent
de panique dans les rangs d'une organisation n'ayant jamais échafaudé de plans pour se renouveler.
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre la splendide opération menée par la DAS (services secrets) et le renseignement militaire colombiens, appuyés, nous le verrons,
par des forces bien connues des lecteurs du blog drzz.
Le renseignement colombien
Financée par les Etats-Unis depuis la "guerre contre la drogue" édictée par George Bush père au début des années 1990, l'armée de Colombie n'a jamais cessé
de progresser et de se spécialiser. Ses commandos qui évoluent dans la jungle et sur les plateaux difficiles d'accès, même en hélicoptères, ont été formés par
les Etats-Unis, de même que leurs agences de renseignement.
La première d'entre elle, la DAS, a démontré son savoir-faire entre l'élimination de Ruyes et la libération de Bétancourt. Ces deux opérations, d'une grande complexité, étaient
osées. La Colombie a gagné sa place dans la cour des grands.
Les Etats-Unis (CIA)
Comme les
FARC détenaient Bétancourt ainsi que trois américains, employés de firmes sous-traitant
l'armée américaine, les Etats-Unis ont participé activement aux recherches. Ils ont fourni les informations livrées par leurs satellites, ont activé leurs réseaux, fait parler leurs
sources...
Le gouvernement colombien n'a pas manqué de noter que les Etats-Unis avaient activement participé à la libération d'Ingrid
Bétancourt. La Maison-Blanche a confirmé, ajoutant que les espions américains n'avaient pas pris part à la phase finale
de l'opération.
Globalement, le combat américain en Colombie ne cible pas seulement les preneurs d'otages, mais aussi le régime Chavez qui menace la stabilité de l'Amérique du Sud. Il ne s'agit
donc, en aucun cas, d'un coup de pouce passager. D'ailleurs, les Etats-Unis ont dépêché une flotte en Amérique du Sud pour contrôler les échanges entre le Vénézuéla et l'étranger.
Israël (Mossad)
En juin 2006, le renseignement équatorien annonce le démantèlement d'un réseau de trafic de drogue impliquant les FARC. Le destinataire des fonds de ce
cartel n'est pas
inconnu : il s'agit...
du Hezbollah. La nébuleuse terroriste s'appuie sur les communautés arabes de Bogota pour blanchir de l'argent et garnir ses comptes en banques. Ce n'est pas vraiment une
surprise. Depuis longtemps, l'Amérique du Sud, particulièrement le régime d'Hugo Chavez au Vénézuéla et ses alliés, servent de base arrière au jihad lancé au Moyen Orient. C'est ici qu'entre
en scène un service dont les agents ont activement participé à la libération d'Ingrid Bétancourt : le Mossad israélien.
En évoquant la libération de Bétancourt, les médias et le gouvernement colombien parlent pudiquement "d'anciens de Tsahal" ou même de "consultants
israéliens" mais une simple analyse de l'axe FARC-Hezbollah nous permet de comprendre que le Mossad est impliqué dans cette opération jusqu'au cou. Simple question d'intérêt. La chute
des FARC, c'est une belle victoire indirecte contre le Hezbollah.
PS : un article de Libération a confirmé cette analyse une heure plus tard.
La radio
israélienne a confirmé le lendemain la présence israélienne en
Colombie, notamment celle de Yossi Kuperwasser, ancien chef du renseignement militaire israélien.
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