INTERVIEW EXCLUSIVE "LE BLOG DRZZ"

Nom :
Daniel PIPES
CV
Universitaire américain de renommée internationale /
Docteur en histoire de l'Université de Harvard /
M. Pipes est 84e sur la liste des cent diplômés de Harvard les plus influents du monde /
Il a travaillé pour quatre campagnes présidentielle, son dernier rôle ayant été conseiller du candidat Rudy Giuliani en 2007-2008 /
Fondateur et directeur du Middle East Forum et du Middle East Quarterly /
Nommé à l'US Institute of Peace par le Président George W. Bush en 2005
Les écrits de M. Pipes apparaissent dans le New York
Sun, Atlantic Monthly, Commentary, Foreign Affairs, Harper's, National Review, New Republic, Time, The Weekly Standard, Angeles
Times, New York Times, Wall Street Journal, and Washington Post, Corriere della Sera, The Daily Telegraph, Le Figaro, Neue Zürcher
Zeitung, The Sydney Morning Herald, Die Welt...
Il apparaît régulièrement sur toutes les gra
ndes chaînes télévisées américaines et mondiales. En outre, M. Pipes a été personnellement invité par Al-Qaeda Ã
se convertir à l'islam, a été reconnu comme un "Orientaliste" par Edward Saïd et a été décrit par le Wall Street Journal comme "une autorité sur le Moyen
Orient".
Daniel Pipes est l'auteur de douze livres,
dont l'un est aujourd'hui traduit en français : "L'islam radical à la conquête de l'Occident" (Cheminement, collection Turgot, 2008).
DRZZ : Le Président Bush cèdera sa place en janvier 2009. Quels ont été pour vous ses plus grandes réussites – et échecs ?
PIPES : Je suis un supporter du Président et ne lui souhaite que du bien. Néanmoins, en ce qui concerne le Moyen Orient et l’islam, j’en ai conclu que sa politique avait été un échec. Je parle ici de quatre dossiers en particulier, l’islam radical, la guerre préventive, le conflit israélo-palestinien et la promotion de la démocratie.
DRZZ : Vous avez été conseiller du candidat à la présidentielles Rudy Giuliani. Pensez-vous que John McCain partage la vision de Giuliani sur l’islam radical ?
PIPES :
Oui, absolument. John McCain a été très clair sur ce sujet, décrivant l’extrémisme
de l’islam radical comme « le défi fondamental du XXIème siècle ».
DRZZ : Quelle est votre opinion sur Barack Obama ?
PIPES : C’est le premier candidat d’extrême-gauche du parti démocrate à briguer la présidence des Etats-Unis depuis George McGovern, en 1972. Si Obama est nominé, je m’attends à ce que son échec soit moins sévère que celui de McGovern (qui n’avait gagné que 17 des 537 délégués) mais il échouera de toute manière, et très largement.
DRZZ : Le professeur Guy Millière a écrit que l’islam radical perdait du terrain. Partagez-vous cet optimisme ?
PIPES : Non, je le vois au contraire s’étendre de manière plus sophistiquée et plus dangereuse. Recep Tyyip Erdogan m’inquiète bien plus que l’ayatollah Khomeini à l’époque.
DRZZ : Ayaan Hirsi Ali, Wafa Sutlan et Bat Ye’or estiment que la différence entre « islam » et « islamisme » n’est qu’un vœu pieux. Comment argumentez-vous contre cette vision ?
PIPES : De plusieurs manière, mais plus simplement parce que lorsque j’ai commencé à étudier ce sujet, à la fin des années 60, l’islam radical n’existait pratiquement pas. C’est un phénomène historique qui s’est développé ces dernières décennies. Il y a toutes les raisons de penser qu’il s'éteindra bientôt.
DRZZ : Un parti conservateur suisse propose l’interdiction des minarets quand Geert Wilders appelle les musulmans à retrancher du Coran ses passages les plus violents. L’Occident est visiblement divisé sur la question de l’islam. Que proposeriez-vous ?
PIPES : Je ne pense pas que les
minarets soient un problème, et les
musulmans ne peuvent pas retrancher certains versets du Coran. Mais ils sont en mesure de réinterpréter le Coran en entier, ses versets agressifs en
particulier.
DRZZ : Qu’est-ce qu’un « islam démocratique » selon vous ?
PIPES : Les musulmans peuvent développer la démocratie, mais seulement après avoir remis en question leur compréhension de la religion islamique.
DRZZ : Vous considérez-vous comme un néoconservateur ?
PIPES : Je ne suis pas sûr d’être un néoconservateur. Quelques-uns de mes plus vieux amis et alliés sont appelés « néoconservateurs » mais je ne suis pas d’accord avec eux sur des thèmes comme l’Irak , le conflit israélo-palestinien et la promotion de la démocratie.
DRZZ : Israël fête son 60e anniversaire. Quels sont ses défis pour le futur ?
PIPES : Israël se bat contre un péril protéiforme qui inclut toutes les dangers imaginables : armes de destruction massive, attaques conventionnelles, terrorisme, blocus économique, assaut démographique et idéologique. Aucun autre Etat n’a fait face un tel éventail de menaces dans l’histoire.
DRZZ : Que devrait faire l’Occident contre l’Iran d’Ahmadinejad ?
PIPES : Lui faire bien comprendre que l’acquisition de l’arme nucléaire est inacceptable, tout en espérant que l’establishment iranien stoppera ce programme de lui-même. Sinon, le stopper à sa place.
DRZZ : Comment voyez-vous le futur de l’Europe ?
PIPES : Morne. Je vois deux options : « Eurabia » (soit la domination musulmane) ou la guerre civile prolongée.
DRZZ : Quels sont vos prochains projets
?
PIPES : La création de l' « Islamist Watch », le nouveau projet du Middle East Forum pour combattre l’islamisme légal, celui qui agit dans le système.
DRZZ : Vous publiez votre premier ouvrage en français intitulé « L’islam radical à la conquête du monde » (Cheminement, 2008). Quel message voulez-vous adresser à vos lecteurs francophones ?
PIPES : J’espère ajouter mon travail aux analyses déjà excellentes qui existent en français sur la menace que fait peser l’islam radical sur la civilisation occidentale.
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