Mardi 11 décembre 2007
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Il n’y aura pas la paix
Mardi 11 décembre 2007
Miguel Garroté, journaliste
Dans un article, publié dans la Jewish World Review (1), édition du 30 novembre, Caroline Glick, qui est aussi, rédacteur en chef adjoint du Jerusalem Post d’une
part ; et membre senior pour le Moyen Orient du Center for Security Policy (Centre pour la Politique de Sécurité) à Washington, d’autre part ; Caroline Glick donc, revient, longuement,
sur la Conférence d’Annapolis. J’aimerais, reprendre et commenter, ci-après, l’essentiel de cet article, dont l’auteur, pose sur la table, avec courage, les vrais enjeux, à venir, pour
Israël.
Le premier point, soulevé par Caroline Glick, est loin d’être anodin. Ce
point, relate, les tribulations, de Madame Tzipi Livni, Ministre israélien des Affaires étrangères, lors de la Conférence d’Annapolis. En effet, à cette conférence, les services de Condi Rice ont
séparé physiquement les Juifs et les Arabes. Lors de la principale assemblée de la conférence d’Annapolis, en accord avec les Saoudiens, les Américains ont interdit aux
Israéliens d’entrer dans le hall par la même porte que les Arabes. Caroline Glick expose les faits : « A la réunion des ministres des affaires étrangères, la ministre Tzipi Livni
interpella ses homologues arabes sur leur comportement discriminatoire. ‘Pourquoi personne ne veut-il me serrer la main ? Pourquoi personne ne veut-il être vu discutant avec moi ?’
demanda-t-elle ostensiblement. La ministre des affaires étrangères d’Israël humiliée ne reçut aucun soutien de son homologue américaine. La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, qui passa son
enfance dans le Sud américain ségrégationniste, a pris le parti des Arabes. Bien qu’assez polie pour remarquer qu’elle ne soutient pas le massacre des Israéliens, elle ne fit pas mystère du fait
que ses vraies sympathies penchent vers les Arabes racistes. Condi Rice le formula ainsi : ‘Je sais ce que c’est que d’entendre que vous ne pouvez pas aller sur une route ou à travers un
point de contrôle parce que vous êtes un Palestinien. Je comprends le sentiment d’humiliation et d’impuissance’. Les remarques de Rice montrent clairement que pour la Secrétaire d’Etat, il n’y a
pas de différence entre les Israéliens essayant de se défendre eux-mêmes contre une société palestinienne djihadiste qui soutient la destruction de l’Etat juif, et des Sudistes blancs intolérants
qui opprimaient les Noirs américains du fait de la couleur de leur peau. Il est vrai qu’Israël a des problèmes de sécurité, mais en ce qui concerne Rice, les Palestiniens sont les victimes
innocentes. Ce sont ceux qui sont discriminés et humiliés, pas Livni, qui a été obligée – par Rice – d’entrer à la conférence par la porte de service », conclut Caroline Glick.
Certes, quelques médias, ont relaté, avec sobriété, les mêmes faits, mais sans éprouver le moins du monde le besoin de s’en indigner. J’imagine, les mêmes médias,
si c’était Israël, qui avait imposé, l’apartheid, aux Arabes, durant la Conférence d’Annapolis.
Le deuxième point soulevé par Caroline Glick porte sur le Premier ministre israélien, Ehud Olmert. Caroline Glick écrit : « A Annapolis, les USA se
sont joints aux Arabes pour attribuer à Israël la part du lion du blâme pour l’absence de paix entre Israël et les Palestiniens. Mais vous n'entendrez pas cela de la bouche d’Olmert, qui œuvre
sans cesse à cacher ce qui est arrivé là-bas. Olmert cache la vérité parce que sa stabilité politique repose entre les mains des partenaires ‘faucons’ de sa coalition, Yisrael Beiteinou (parti de
la droite patriotique) et le Shas (parti patriotique des Juifs pieux). En fait, le gouvernement Olmert a fait des concessions massives. La déclaration conjointe Israël - OLP à Annapolis contient
une promesse associée «de propager une culture de paix et de non-violence ; de s’opposer au terrorisme et à sa provocation, qu’il soit commis par des Palestiniens ou des Israéliens. Bien
qu’Olmert, Lieberman et Yishai aient négligé l’acceptation de l’équivalence morale avec les djihadistes palestiniens comme une concession rhétorique sans signification, la décision du
gouvernement est pleine d’implications politiques et légales. La rencontre sans précédent de l’ambassadeur des USA Richard Jones cette semaine, avec la présidente de la Cour Suprême d’Israël
Dorit Beinisch a montré clairement que les USA exigent que les Cours israéliennes interprètent le droit d’une manière préjudiciable, de façon à diaboliser les opposants israéliens à un Etat
palestinien, et à l’épuration ethnique des Juifs de Judée et de Samarie. Leur rencontre a aussi donné le signal que les USA attendent d’Israël qu’il traite les activités de construction
légales par les Juifs de Judée et de Samarie, et même dans de quartiers de Jérusalem, comme des actes criminels. Puisque le gouvernement Olmert a accepté qu’Israël est moralement indifférencié de
l’Autorité palestinienne, il est difficile de prévoir qu’il empêchera la criminalisation de ses opposants politiques. Dorénavant, les Israéliens qui s’opposent aux décisions du gouvernement
Olmert peuvent s’attendre à être traités comme les équivalents moraux des terroristes palestiniens".
Sur les chances de voir aboutir la paix, Caroline Glick rappelle que « dans le passé, ‘la substance du processus de paix’, pour l’administration Clinton,
était de signer des accords de paix. Ce n’était pas de s’assurer que les Palestiniens soient vraiment intéressés à vivre en paix avec Israël. Quand Rice a déclaré qu' ‘un échec n’est pas une
option’ dans le processus de paix à venir, elle a fait savoir clairement qu’il en est de même pour l’administration Bush aujourd’hui. Elle veut un accord. Que les Palestiniens veuillent
sérieusement la paix ou non n’est pas son affaire ».
« Sur Jérusalem », écrit Caroline Glick, « le fait est qu’Israël a donné son accord pour négocier le statut de sa capitale en acceptant de
discuter toutes les questions importantes. Puisque les Américains veulent un Etat palestinien d’ici un an et qu’ils savent que le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas ne fera
aucune concession sur Jérusalem, on peut s’attendre à ce qu’ils mettent la pression sur Israël pour accepter la position palestinienne ».
Quant à moi, j’ajoute, pour conclure, qu’Israël est une démocratie. Que plus des
deux tiers des Israéliens ne croient pas au miracle annapolique. Que
plus de 90% des Israéliens désavouaient Olmert bien avant la Conférence d’Annapolis. Qu’il me paraît étrange que l’on s’obstine à parler de « paix » avant de mettre fin, aux trois
guerres anti-israéliennes, menées depuis Gaza par le Hamas ; depuis la Judée Samarie par une dizaine de milices privées incontrôlables ; et depuis le Sud-Liban par la milice iranisée du
Hezbollah. Je n’imagine aucune démocratie occidentale prête à lâcher du terrain face à la guerre de la terreur. Avant de parler d’autonomie basque, les Espagnols veulent détruire l’ETA. Avant de
parler d’autonomie corse, les Français veulent détruire le FLNC. Mais Israël, avant d’en finir avec le Hezbollah, le Hamas et la dizaine de milices privées incontrôlables de Judée Samarie, Israël
donc, doit lâcher cette même Judée Samarie et, en plus, une partie de sa capitale, Jérusalem. Parce qu’une Secrétaire d’Etat américaine, est, soudain, peinée, d’avoir subit,
jadis, le racisme anti-black. C’est le sommet du blues.
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